De qui se moque t'on ?
"Le crédit d'impôt accordé aux nouveaux acquéreurs d'une résidence principale sera doublé la première année et porté à 40% du montant des intérêts des emprunts payés, contre 20% actuellement, a annoncé vendredi la Ministre de l'Economie Christine Lagarde."
Source : AFP, 24 août 2007
Encore plus d'avantages pour les nouveaux acquéreurs donc (sous réserve que la loi soit votée bien évidemment). Et toujours rien pour ceux qui ont acheté avant le 6 mai. En dépit des promesses électorales. Parce que le Conseil Constitutionnel (saisi par l'opposition, rappelons-le...) a censuré le volet rétroactif de cette mesure fiscale ?
La belle affaire...
Certes, le remboursement éventuel des intérêts aux emprunteurs ayant contracté un prêt pour l'acquisition de leur résidence principale dans les 5 ans précédant l'élection aurait fait sérieusement grimper la note. Et n'était pas forcément raisonnable. Mais ne dit-on pas "Chose promise, chose dûe ?".
Le petit Nicolas invitait il n'y pas si longtemps les mécontents à formuler leurs réclamations auprès des sages. Pourquoi alors accentuer encore l'écart entre les bénéficiaires de cette largesse gouvernementale et ceux qui n'auront droit à aucune déduction au lieu de rétablir l'équilibre en proposant autre chose ?
Le sujet m'inquiétait mais j'avais osé espérer que les engagements pris seraient respectés. Ou les manquements compensés. Et là pour le moment, niet. Rien du tout. Pas même un petit lot de consolation. Les anciens n'auront rien mais les nouveaux encore plus.
Quant on sait que la bagatelle de 840 millions d'euros supplémentaires de dépenses est prévue au titre de ce doublement, n'aurait-on pu envisager de les répartir autrement ?
Afin que cette obole gouvernementale ait "à la fois un effet incitatif pour l'acquéreur et un effet pouvoir d'achat pour TOUS les ménages" pour reprendre les paroles de cette chère Christine, et non uniquement pour les nouveaux ?
François Fillon a dit mi-août "prendre acte" de la décision du Conseil Constitutionnel et a promis "un autre dispositif permettant aux français ayant déjà souscrit un emprunt de pouvoir bénéficier, eux aussi, de mesures gouvernementales en faveur de l'accès à la propriété".
Personnellement, j'attends... Et ça m'énerve. Tellement que j'en parle ici, alors que la politique n'avait jusqu'alors en ces lieux pas droit de cité...
Crédit photo : Avenue of the stars. Pour les amateurs, c'est par ici.





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