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"On ne regarde plus les étoiles mais les écrans."

Dsc08713La phrase n'est pas de moi mais de Paul Virilio. Issue d'un entretien accordé au journal Le Monde de l'éducation en 2000, elle se révèle être la transition idéale entre mon précédent billet, témoignage d'un laborieux retour en blogosphère (le sens de l'écriture se perdant vite quand on ne la pratique pas, si peu de temps que ce soit...) et celui qui s'amorce ici, en plus de n'avoir 6 ans plus tard rien perdu de son acuité.

Comment diable me suis-je retrouvée à citer Paul Virilio dont je n'avais jamais entendu parler il y a encore une heure ?

En me remémorant mon dernier voyage en train.

Paris-Rouen, 130 kilomètres et des poussières. Un voisin malotru qui a brutalement tiré le rideau rêche et plissé afin de se protéger du soleil et d'y caler sa tête, pas dégoûté pour deux sous par l'idée que des milliards d'acariens de toutes origines y trouvaient un refuge idéal pour se nicher. Et pas plus préocccupé par le fait que son confort personnel me privait de toute vue sur l'extérieur.

Courageuse mais pas téméraire, j'ai marmonné à mon autre voisin, latéral celui-là, que la liberté des uns s'arrêtait où commencait celle des autres. Pas très utile, certes, puisque le pauvre n'y pouvait rien. Mais un chouïa libératoire.

Je me suis alors souvenue du fameux slogan "Le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous." Utilisé un temps par la nationale compagnie ferroviaire. Ce qui m'a permis de poursuivre ma grogne intérieure, maugréant en silence contre cet empêcheur de voir au dehors qui profitait du progrès que constituent les rideaux sans pour autant partager la vision qu'il pouvait avoir du paysage.

Un slogan en chassant un autre, "Prenez le temps d'aller vite" a naturellement succédé au premier dans mon esprit.

Quelques recherches Google plus tard, je découvrais la parenthèse philosophique de Catherine Paulin. Selon laquelle "cet éloge de la lenteur à aller vite n’est peut-être pas sans rappeler la critique de la vitesse de Paul Virilio ou de Carl Honoré ou alors le jeu logique affirmant : plus on pédale moins vite, moins on avance plus vite."

La boucle était bouclée.

Photo de train casée, culture améliorée, débat presque lancé.

Grâce à la vitesse internautique. Celle-là même que Paul Virilio critique. Avec pertinence.

Epatant non ?

Commentaires

Tout est dans tout et réciproquement affirmait haut et fort Pierre Dac.

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